Au procès des « Loups blancs », l’ultraviolence du chef lourdement condamnée

Les « remords » et les « regrets » exprimés à la barre par Jérémy Mourain n’auront rien changé. Le chef du groupuscule d’extrême droite White Wolves Klan (WWK – « Clan des loups blancs ») a été condamné, jeudi 30 mars, à une peine de neuf ans de prison ferme par le tribunal correctionnel d’Amiens. « Il est clairement désigné comme le responsable », a regretté son avocat Me Arnaud Godreuil, qui avait tenté dans sa plaidoirie de mettre en avant « l’effet de groupe » pour dédouaner son client. Le conseil ne fera toutefois pas appel de cette décision. Jérôme Bailly, présenté comme le bras droit de Mourain au sein du WWK a, lui, été condamné à une peine de trois ans de prison assortie d’un mandat de dépôt. « Une mesure vexatoire et symbolique », a réagi son avocat Me Demarcq, considérant que son client paye son « prétendu statut de cofondateur ». Sur les dix-huit prévenus, seuls Jérémy Mourain et Jérôme Bailly dormiront en prison jeudi soir, alors que le procureur avait réclamé sept mandats de dépôt dans un réquisitoire qui accablait presque tous les membres du clan, tout en réclamant dix ans d’emprisonnement pour Jérémy Mourain. Finalement, les autres prévenus ont été condamnés à des peines allant de six mois avec sursis à cinq ans. Serge Ayoub, considéré comme le mentor de Jérémy Mourain, a été relaxé du chef de complicité de violences aggravées. L’ancien chef de Troisième Voie – une organisation dissoute un mois après la mort du militant d’extrême gauche Clément Méric, en juin 2013, à Paris – était suspecté d’avoir commandité le tabassage d’un groupe rival qui l’avait qualifié de « sale juif ». Aux yeux du tribunal, les consignes que Serge Ayoub aurait données « ne peuvent être interprétées comme des instructions de commettre des violences ». Domination Ce passage à tabac avait donné lieu à l’ouverture d’une enquête en décembre 2012. Les investigations ont mis au jour trente-cinq infractions : vols, violences gratuites et lynchages commis entre 2012 et 2014 contre des groupes rivaux et des personnes d’origine étrangère. Et surtout contre des membres du WWK pris au hasard selon l’humeur de Mourain. Durant tout le procès, l’idéologie nationaliste,adidas yeezy boost 350 prix, voire néonazie,adidas yeezy boost 350 v2, du groupe est apparue comme « secondaire », comme l’a fait remarquer le substitut du procureur dans son réquisitoire. Le cœur des débats reposait davantage sur le profil du leader du WWK, dépeint comme « manipulateur », « narcissique », « ultraviolent », « sadique », ou encore « polytoxicomane ». Lire aussi :   Devant le tribunal d’Amiens, l’ultraviolence sous le « vernis idéologique » L’enjeu du procès a alors été de mesurer le degré d’influence de Jérémy Mourain sur les membres du WWK. Ont-ils agi sous la contrainte,lunette de soleil chanel, c’est-à-dire contre leur volonté ? Ou ont-ils agi en pleine conscience, sous-entendue pleinement consentant à l’idée de commettre la myriade d’actes ultraviolents décrits lors des audiences ? Entendus sur les faits durant les deux premiers jours d’audience,lunette marc jacob prix, les prévenus ont tous tenté de se dédouaner en évoquant comme un leitmotiv la « domination perverse » que Mourain exerçait sur eux. « Il fallait se battre entre nous pour faire nos preuves et Mourain décidait quand ça s’arrêtait », a fait savoir Kevin Paté, 27 ans, condamné à une peine de cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, en convainquant les juges de ses velléités de réinsertion professionnelle. Effet de groupe Jérémy Mourain, lui, a refusé de porter seul la responsabilité de ces violences gratuites – sans finalement convaincre. « Je peux reconnaître qu’ils se sentaient obligés de vouloir me plaire, mais chacun est maître de ses actes », a lancé l’homme au visage anguleux relevé de lunettes fines, alors qu’il était interrogé sur l’affaire la plus marquante du dossier : le lynchage ultraviolent contre l’un des leurs en 2014 à Valenciennes. Dans leurs plaidoiries, les avocats, eux, ont préféré ne pas trancher cette question sur le « libre arbitre » ou la « soumission aveugle » des prévenus, mettant en lumière « l’effet de groupe », la logique grégaire, qui a conduit à ce « déchaînement de violence ». Terreau raciste Les quatre jours de procès ont également permis de mettre en lumière les ressorts psychologiques et sociétaux qui ont conduit les prévenus à rejoindre le WWK et à y rester : famille absente,persol lunette de vue homme, addiction aux drogues, milieu social modeste. « Des hommes et des femmes ordinaires, qui ont vécu dans un terreau que nous connaissons tous, celui du racisme ambiant, particulièrement dans cette région », a rappellé Me Jean-Marie Camus, l’avocat de Kévin Paté, dont le garage tapissé de drapeaux néonazis et de portraits d’Adolf Hitler servait de lieu de repli aux membre du clan. Compte tenu de ce contexte de vie chaotique, les avocats ont tous mis l’accent sur la reconstruction de leurs clients, plaidant pour des peines « à la hauteur des faits commis qui sont incontestablement graves », mais aussi « tournées vers l’avenir ». Avant que le tribunal ne se retire pour délibérer, de nombreux prévenus ont souligné avoir repris le chemin du travail, comme Jérémie Crauser, qui a incarné durant tout le procès le profil du « repenti ». Depuis l’affaire, l’homme de 27 ans a quitté la Somme pour rejoindre Paris, où il prépare le concours de meilleur ouvrier de France en boucherie. L’avenir devant soi Sur le banc des prévenus, le teint blême, transpirant à grosses gouttes, Jérémie Crauser attend le jugement fébrilement. Quand la présidente prononce sa peine – cinq ans de prison, dont trois avec sursis – il reste figé, sous le regard embué de sa nouvelle compagne, qui s’était effondrée en larmes, la veille, en attendant dans la multitude des noms énumérés dans le réquisitoire sévère du procureur, celui de son compagnon. « C’est une décision juste, sa peine est aménageable,lunette de soleil marc jacob 2016, il va pouvoir faire une demande de bracelet électronique. Il a tout son avenir devant lui à présent », se réjouit son avocate, Me Messaouda Yahiaoui. Profitant du soleil généreux de la fin de mars, adossé à une colonne du palais de justice d’Amiens, Christopher Letrou, l’un des plus jeunes prévenus,persol steve mcqueen, affiche un grand sourire de soulagement. Il a été condamné à cinq ans de prison, dont deux avec sursis, après avoir déjà passé neuf mois en détention provisoire. « Pour moi, la prison, c’était le clan. La vraie prison, elle m’a libéré du groupe, en me remettant dans le droit chemin. Mais les faits que j’avais commis étaient là, ils sont graves, avec cette peine, ils sont reconnus, et moi je me sens définitivement libéré. » Cécile Bouanchaud (Amiens, envoyée spéciale) Journaliste au Monde

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